Verbe Voir A L Imparfait

Ah, l'imparfait. Ce temps verbal qui, avouons-le, nous fait parfois grincer des dents plus qu'un vieux fauteuil en cuir au mois d'août. On le rencontre partout, dès le plus jeune âge, et pourtant, aussi familier soit-il, il arrive toujours à nous réserver son petit lot de surprises. Un peu comme ce cousin un peu excentrique qu'on adore, mais dont on ne sait jamais trop s'il va nous raconter une anecdote délirante ou nous demander un prêt de 50 euros.
Soyons honnêtes : qui n'a jamais hésité entre le passé composé et l'imparfait ? "Je mangeais une pomme quand soudain, j'ai vu un écureuil" ou "J'ai mangé une pomme quand soudain, j'ai vu un écureuil" ? Le premier sonne comme une scène de film d'époque, un peu contemplative. Le second, bah, c'est plus direct, plus… fait. Et c'est là toute la magie et le casse-tête de notre ami l'imparfait : il raconte ce qui se passait, ce qui avait lieu, ce qui était.
Quand l'imparfait nous joue des tours
Pensez à vos souvenirs d'enfance. Vous jouiez dans le jardin, vous aviez un vélo rouge, vous rêviez d'être astronaute. Là, pas de problème, l'imparfait s'impose comme une évidence. Il peint le décor, il installe l'ambiance. C'est la musique de fond de votre vie d'antan.
Mais attention ! Dès qu'il s'agit d'une action terminée, d'un événement ponctuel, il faut faire profil bas. "Hier soir, j'ai regardé un film", pas "j'ai regardais". Sinon, vous risquez de donner l'impression que le film n'en finissait jamais, qu'il y avait des scènes coupées interminables, un peu comme une publicité pour un produit dont on ne voit jamais la fin.
L'imparfait, c'est aussi le champion des habitudes. "Quand j'étais petite, je buvais du lait au chocolat tous les matins." Une image douce et réconfortante, n'est-ce pas ? C'est un peu comme retrouver une vieille photo jaunie qui sent le naphtalène et le bonheur simple.

L'imparfait : le roi du décor
Et puis, il y a cette fonction merveilleuse de décrire. "Le soleil brillait, les oiseaux chantaient, et une légère brise soufflait." Voilà une description digne d'un poème ou d'une carte postale. L'imparfait nous transporte, il nous fait sentir le soleil sur notre peau, entendre le chant des oiseaux. Il crée l'atmosphère.
C'est aussi le temps de la description des états : "Elle était fatiguée", "Il avait froid". Des situations qui durent, qui s'installent, sans forcément de début ou de fin précis dans l'instant où l'on parle. C'est un peu comme un état de fait, une réalité que l'on constate.
Alors oui, l'imparfait peut être un peu capricieux. Il demande une certaine finesse, une oreille attentive pour distinguer le mouvement perpétuel de l'action achevée. Mais une fois qu'on a compris ses petites manies, il devient un allié formidable pour raconter, décrire, évoquer le passé avec une richesse et une nuance qui font toute la différence.

En résumé, l'imparfait, c'est ce temps qui vous dit : "Souviens-toi de ce que c'était, de ce qui se passait, de ce qui était. Prends ton temps, et laisse-moi te peindre la scène." Et franchement, qui pourrait refuser une invitation pareille ?
Alors la prochaine fois que vous hésitez, dites-vous simplement que si l'action prenait une éternité ou décrivait un paysage intérieur, c'est probablement notre ami l'imparfait qui faisait le boulot. Sinon, cherchez le passé composé, il est sûrement plus discret et plus efficace pour dire que c'est… fini.
Et si jamais vous utilisez l'imparfait pour décrire une action qui vient de se terminer… eh bien, soyez préparez à ce que votre histoire dure… un peu plus longtemps. Peut-être jusqu'à ce que votre auditeur s'endorme. Oops !
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