Uninvited Guest On My Shoulder

Ah, cet invité ! Vous savez, celui qui s'invite sans crier gare, s'installe confortablement, et semble bien décidé à rester. Oui, je parle de cet ami invisible, celui qui a élu domicile sur mon épaule. Il n'a pas de nom officiel, mais je l'appelle affectueusement Le Petit Critique. Il est là, toujours là, chuchotant des bêtises à mon oreille.
Ce matin, par exemple. Je me suis réveillé, plein de bonnes intentions. Une nouvelle journée, un nouveau départ, que sais-je ! J'ai regardé dans le miroir, prêt à me lancer. Et puis, paf. Le Petit Critique a commencé son numéro.
« Oh là là, regarde ces cernes », m'a-t-il soufflé. « Et ce cheveu rebelle ? N'essaie même pas de le dompter, ça ne sert à rien. » J'ai failli lui répondre : « Mais je me sens bien ! », mais sa voix, si familière, m'a cloué sur place. Il sait exactement quels boutons appuyer. Il connaît mes points faibles mieux que ma propre mère. Et ma mère sait beaucoup de choses.
Ce n'est pas qu'il est méchant, attention. C'est juste qu'il a une vision… disons, « réaliste » des choses. Trop réaliste, même. Quand j'ai eu l'idée folle de porter cette chemise à motifs aujourd'hui – une chemise que j'aime, soit dit en passant – Le Petit Critique s'est empressé de me dire : « Tu es sûr de toi ? Les gens vont te regarder bizarrement. »
Bizarrement ? Ils vont probablement penser que j'ai été attaqué par un arc-en-ciel et que j'ai perdu la bataille. Mais c'est ma bataille, pas la leur !
The uninvited guest on my shoulder | Cute drawings, Cartoon art styles
Et le pire, c'est qu'il a souvent raison, mais pas de la bonne manière. Il ne m'aide pas à être meilleur, il m'empêche juste d'essayer. Si je pense à postuler pour un nouveau poste, il me dit : « Ne te fais pas d'illusions. Tu n'es pas assez qualifié. » Si j'ai envie de prendre l'initiative de parler à cette personne intéressante, il me murmure : « Elle va se moquer de toi. »
C'est un vrai saboteur de bonheur, ce petit bonhomme. Il est l'incarnation de cette petite voix intérieure qui nous retient de prendre des risques, de faire des erreurs, et surtout, d'être un peu… joyeux. Il préfère la sécurité de la stagnation à l'excitation du potentiel.
J'ai essayé de le ignorer, bien sûr. J'ai essayé de lui mettre des bouchons d'oreilles, de lui faire écouter de la musique à fond. Mais il est persévérant. Il trouve toujours un moyen de se faire entendre. Il a cette façon de se faufiler entre mes pensées les plus optimistes comme un couteau dans du beurre.

Et puis, il y a les moments où il est le plus bruyant : quand on se compare aux autres. « Regarde cette personne, elle a réussi ceci, elle a accompli cela. Et toi ? » Oh, ça, il adore ça. Il fait un véritable festival de la comparaison. Il sort des photos de vacances idéalisées, des réussites professionnelles impeccables, et me les jette à la figure.
Mais vous savez quoi ? Je commence à en avoir assez. J'ai décidé que Le Petit Critique n'allait plus avoir le contrôle. C'est mon épaule, après tout. Il n'a pas payé de loyer. Il n'a pas contribué aux charges. Il est là, gratuitement, et franchement, il est assez désagréable comme invité.
Alors, peut-être que demain, je mettrai la chemise à motifs avec un sourire. Peut-être que j'oserai dire « oui » à une nouvelle aventure. Et peut-être que Le Petit Critique se taira, ou du moins, baissera le volume. On peut rêver, n'est-ce pas ? En attendant, je crois que je vais lui offrir un petit quelque chose. Un billet d'avion. Pour très loin. Très, très loin.
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