The End Of The Line Film

Je me souviens encore de cette fois où mon vieux téléphone portable, celui qui faisait aussi lampe torche et où l'on pouvait jouer à Snake (ah, la nostalgie !), a rendu l'âme. C'était brutal. Un matin, je le prends pour checker mes messages, et rien. L'écran est noir, il ne s'allume plus, aucune réaction. J'ai tenté le coup de poing (légèrement, hein !), j'ai prié les dieux de la technologie, j'ai même essayé de le brancher sur une prise différente... nada. C'était la fin de la ligne. Mon précieux compagnon, qui avait survécu à des chutes mémorables et à des soirées bien arrosées, avait décidé qu'il était temps de prendre sa retraite.
Et c'est un peu ce que j'ai ressenti en regardant The End of the Line. Un film qui, sans faire de bruit, vous tape gentiment sur l'épaule et vous dit : "Hé, regardez autour de vous. On est peut-être plus près de la fin que vous ne le pensez." Vous voyez le genre ? Pas de zombies mutants ou de météorites géantes, non. Juste un changement subtil mais implacable dans notre environnement, qui a des conséquences énormes.
Le film s'intéresse particulièrement à notre relation avec les océans. Et plus spécifiquement, à cette manie qu'on a de vider les mers de leurs habitants à un rythme effréné. Je veux dire, on pêche tellement qu'il ne restera bientôt plus rien à pêcher, non ? C'est un peu comme si vous mangiez toutes les chips du paquet d'un coup et que vous vous demandiez ensuite pourquoi il n'y en a plus pour le dîner. Logique, non ? (Et oui, je parle en connaissance de cause pour les chips.)
Quand la réalité dépasse la fiction (parfois de manière un peu trop réaliste)
Ce qui m'a le plus marqué, c'est l'approche du film. Il ne s'agit pas de nous balancer des chiffres alarmistes à la figure (même s'ils sont là, et ils font froid dans le dos, soyons honnêtes). Non, le réalisateur, Rupert Murray, a choisi de nous montrer des gens. Des pêcheurs, des scientifiques, des militants... Des personnes qui vivent et respirent cette problématique au quotidien. Et franchement, voir ces visages, entendre leurs voix, ça change tout. On passe de "ah oui, c'est dommage pour les poissons" à "merde, c'est notre avenir qui est en jeu".
Vous connaissez ces documentaires où l'on vous montre des images spectaculaires et qu'on vous explique que tout va mal ? Eh bien, The End of the Line est différent. Il est plus intime, plus humain. Il nous fait comprendre que derrière les statistiques et les grands discours, il y a des vies, des communautés qui dépendent de ces océans pour survivre. Des gens qui voient leur métier disparaître, leur mode de vie s'effondrer. C'est un peu comme si on vous disait que la boulangerie du coin, celle qui fait les meilleurs croissants depuis 50 ans, allait fermer parce qu'on n'arrive plus à avoir de farine. Triste, non ?

Et puis, il y a cette ironie. On dépeuple les mers pour se nourrir, et au final, on risque de ne plus avoir de quoi manger. On utilise des technologies de plus en plus performantes pour pêcher toujours plus, et ces technologies finissent par détruire l'écosystème dont on dépend. C'est un cercle vicieux assez démoniaque, quand on y pense bien. On est un peu comme le personnage qui coupe la branche sur laquelle il est assis. Sympa.
Alors, est-ce que le film est un coup de massue ? Oui, un peu. Il vous laisse pas indemne. Mais il vous laisse aussi avec une question : que va-t-on faire ? Est-ce qu'on va continuer à ignorer le signal d'alarme, comme je l'ai fait avec mon vieux téléphone pendant quelques heures avant d'accepter qu'il était HS ? Ou est-ce qu'on va se bouger un peu le cul, pardonnez-moi l'expression, avant qu'il ne soit vraiment, vraiment trop tard ? C'est ça, la vraie fin de la ligne. Et elle n'est pas seulement pour les poissons, elle est aussi pour nous. À méditer, non ?
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