Return Of The Scholar

Il y a quelques semaines, j'ai croisé mon ancien prof de philo, M. Dubois, au supermarché. Pas dans le rayon bio, non, plutôt du côté des promotions sur les conserves. Il tenait un caddie rempli à ras bord de boîtes de thon et de paquets de pâtes. On a papoté un peu, et là, il m'a avoué, avec un clin d'œil un peu fatigué : "Tu sais, j'ai l'impression de faire mon grand retour. Mais disons que le décor a un peu changé depuis l'amphi."
Son "retour", c'était parce qu'il avait décidé de se réinscrire à l'université. Pas pour un doctorat, pas pour un poste prestigieux. Non, pour le plaisir. Le pur plaisir d'apprendre, de refaire de la philo, juste pour lui. Et ça, ça m'a fait réfléchir. Parce qu'on vit dans un monde où tout va vite, où l'on nous pousse constamment à être "performants", à "monter en compétences", à "faire carrière". L'idée d'apprendre pour le simple fait d'apprendre, ça semble presque… démodé, non ?
Le retour du scholar, mais pas celui qu'on imagine
Alors, je vous parle aujourd'hui du "Retour du Scholar". Et attention, je ne parle pas de ces jeunes surdoués qui brûlent les étapes pour décrocher le prix Nobel à 25 ans. Non, je parle de ce retour de flamme, discret mais puissant, pour la curiosité intellectuelle, pour le plaisir de la connaissance sans pression de résultat immédiat. Vous voyez ce que je veux dire ?
C'est un peu comme redécouvrir un vieux vinyle. On n'est plus dans l'urgence du streaming, on prend le temps de poser le disque, de lire la pochette, d'écouter chaque note. C'est une approche plus lente, plus contemplative de l'apprentissage. Et franchement, ça fait un bien fou de sortir du cycle infernal "apprendre pour travailler, travailler pour gagner, gagner pour dépenser…"

Ce qui est fascinant, c'est de voir comment ça se manifeste. On le voit dans les cours du soir pour adultes, dans les ateliers créatifs, dans les clubs de lecture qui débordent. Des gens de tous âges, de tous horizons, qui décident de se plonger dans l'histoire de l'art, d'apprendre à coder, de se remettre à l'astronomie. Et le sourire qu'ils affichent quand ils vous racontent leur dernière découverte… ça n'a pas de prix.
Peut-être que notre société, dans sa quête effrénée de progrès et d'efficacité, avait un peu oublié l'importance de la contemplation, de la réflexion. On est tellement sollicités par les notifications, les emails, les réseaux sociaux… que le simple fait de s'asseoir et de réfléchir, ça devient presque une compétence rare.

C'est aussi un peu ironique, non ? On a accès à plus d'informations que jamais, mais on passe notre temps à survoler, à zapper. Le scholar d'aujourd'hui, il ne s'agit pas forcément de dévorer des encyclopédies. Il s'agit plutôt de choisir quelques sujets qui nous animent vraiment, de creuser, de poser des questions, de se perdre avec plaisir dans un domaine.
Alors, la prochaine fois que vous vous sentirez submergés par le tourbillon de la vie moderne, peut-être pourriez-vous vous offrir un petit moment de scholar ? Un article passionnant, un documentaire qui sort de l'ordinaire, une conversation profonde avec quelqu'un qui s'y connaît… C'est peut-être ça, le vrai luxe aujourd'hui : le luxe d'apprendre, juste pour apprendre. Et qui sait, vous pourriez croiser M. Dubois au rayon céréales, en train de débattre des mérites comparés des flocons d'avoine et des mueslis. Vous lui direz bonjour de ma part, d'accord ?
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