Page De Garde Art Plastique 5eme
Ah, la 5ème. Ce moment magique où l'on quitte les joies innocentes de la primaire pour s'attaquer à des montages scolastiques qui donnent le vertige. Et parmi ces épreuves, il en est une qui mérite une petite place au panthéon des souvenirs : la fameuse Page de Garde Art Plastique.
On se souvient tous de cette douce, ou pas si douce, angoisse. Devant une feuille blanche immaculée, aussi intimidante qu'un désert sans oasis, il fallait pondre quelque chose. Quelque chose de... créatif. Parce que, soyons honnêtes, "créatif" était le mot d'ordre. Et si vous n'aviez pas inventé la roue de la couleur, c'était un peu la catastrophe annoncée.
Le défi de la page blanche
L'objectif était simple : décorer la première page de son classeur d'arts plastiques. Un préambule artistique à une année de découvertes. Sauf que pour nous, gamins de 12 ans (ou presque), c'était souvent plus proche de la bataille d'oreillers que de la galerie d'art. On avait les crayons de couleur, les feutres qui sentaient le plastique chaud, et parfois, si on était vraiment chanceux, un pot de peinture gouache qui avait vu des jours meilleurs.
Et puis, il y avait cette pression subtile. Le professeur d'arts plastiques, avec son regard bienveillant mais ferme, qui attendait des étincelles. Des étincelles qui, chez nous, se traduisaient souvent par un dessin de soleil un peu bancal, une tentative de paysage avec trois arbres à peine différenciables, ou, le grand classique, un motif répétitif censé évoquer... on ne sait pas trop quoi, mais c'était art plastique.
Les grandes tendances
On dessinait des choses qui nous semblaient profondes. Des galaxies abstraites, des formes géométriques qui n'avaient aucun sens, ou des bonshommes esquissés à la va-vite, censés représenter la diversité humaine.
Page de garde | Arts Plastiques / Arts Appliqués
Il y avait aussi ceux qui jouaient la carte de la mandalisation avant l'heure. Des cercles concentriques, des spirales, des points qui se multiplient à l'infini. Une sorte de méditation artistique forcée. Et puis, il y avait les pragmatiques : ceux qui dessinaient leur nom en énorme, avec des lettres multicolores, et s'arrêtaient là. Efficace, non ? C'était une forme de minimalisme artistique, après tout.
On se rappelle des techniques secrètes. Le frottage, ce truc où l'on mettait une feuille sur une surface texturée et que l'on frottait avec un crayon. Le résultat était toujours un peu aléatoire, mais ça faisait son petit effet "wow". Ou alors, la peinture mouillée sur mouillée, qui donnait des effets flous et impressionnistes. Impressionnistes, ou juste... brouillon ? Difficile de juger avec le recul.

Et l'énigme du titre ? Souvent, on devait y intégrer le titre du cours. "Arts Plastiques". Comment le rendre original ? En le faisant danser ? En le cachant dans un dessin ? En le transformant en forme de nuage ? Les possibilités étaient infinies, mais l'exécution était rarement à la hauteur de l'ambition.
Un héritage surprenant
Aujourd'hui, quand on repense à ces pages de garde, on a tendance à sourire. Elles sont le témoin de nos premières tentatives d'expression. Parfois maladroites, parfois un peu ridicules, mais toujours sincères. C'est peut-être ça, l'art plastique en 5ème : apprendre à oser. Oser mettre des couleurs sur une feuille, oser laisser une trace. Même si cette trace ressemble vaguement à une patate cosmique.
Et qui sait ? Peut-être que dans ces dessins un peu chaotiques se cachaient les germes des futurs grands artistes. Ou, plus probable, juste des souvenirs d'une époque où le plus grand souci était de trouver la bonne teinte de bleu pour le ciel. Une époque simple, colorée, et pleine de potentiel créatif. Même si on ne le savait pas encore.
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