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Mektoub My Love Intermezzo Scène 13 Minutes


Mektoub My Love Intermezzo Scène 13 Minutes

Ah, Mektoub, My Love : Intermezzo. Ce film, on en parle. Surtout de cette fameuse Scène 13 Minutes. Vous savez, celle qui vous donne l'impression d'avoir voyagé dans le temps, mais pas dans le bon sens.

Ce n'est pas pour manquer de respect à la vision du réalisateur, Monsieur Abdellatif Kechiche. On imagine bien la profondeur, la subtilité. Mais soyons honnêtes. Treize minutes. C'est long. Très long. Pour regarder... quoi, exactement ? Des gens qui parlent ? Qui rigolent ? Qui se regardent intensément ? Oui, tout ça. Et encore.

On se retrouve là, posé dans notre fauteuil, un peu comme un spectateur non invité à une soirée qui ne démarre jamais vraiment. Les personnages s'installent, discutent de choses, de rien. On essaie de suivre. On se dit "ça va venir". On guette le moindre signe d'intrigue. La moindre étincelle. Le moindre ... prétexte pour que ça avance.

Et puis, le temps s'étire. Et s'étire. Vous commencez à regarder votre montre. Pas parce que vous êtes pressé, mais parce que vous avez l'impression que votre montre aussi, elle regarde sa montre. Il y a un phénomène étrange qui se produit : le temps extérieur semble ralentir. Le tic-tac de votre horloge devient un "tic... tac... tic... tac..." audible. Vous entendez le bruit de la poussière qui tombe. Vous pourriez presque calculer la vitesse d'une mouche qui passe par la fenêtre.

C'est un peu comme quand vous attendez que quelque chose d'important se passe, et que rien ne se passe. Ou que ça se passe tellement doucement qu'on dirait qu'on est sous anesthésie. On est là, bouche bée, à observer des dialogues qui semblent flotter dans le vide. C'est la poésie du quotidien, peut-être. Ou juste... des gens qui prennent leur temps. Un temps infini.

On essaie de comprendre la psychologie des personnages. Leurs désirs cachés. Leurs pensées profondes. Mais le problème, c'est qu'ils semblent aussi essayer de comprendre leurs propres désirs profonds, en temps réel, devant nous. Et ça prend du temps. Beaucoup de temps.

Mektoub, My Love: Intermezzo | Montages
Mektoub, My Love: Intermezzo | Montages

On a cette impression que Kechiche nous dit : "Regardez bien. La vie, c'est ça. Des moments de rien, qui sont en fait, des moments de tout." Et nous, dans notre fauteuil, on répond : "Oui, mais... est-ce que 'rien' peut durer treize minutes et demi sans devenir 'trop' ?" C'est là où l'opinion impopulaire commence à pointer le bout de son nez.

Certains diront que c'est de l'art pur. Moi, je dis que j'aurais peut-être préféré un bon café pendant ces treize minutes.

C'est le genre de scène qui vous fait aimer les fins brusques. Quand le générique arrive et que vous vous dites "Enfin !". Pas parce que le film était mauvais, oh non. Juste parce que vous avez eu votre dose de contemplation. Votre quota de contemplation pour la semaine, voire pour le mois.

Mektoub, My Love : Intermezzo de Abdellatif Kechiche (2018) - Unifrance
Mektoub, My Love : Intermezzo de Abdellatif Kechiche (2018) - Unifrance

Et puis, quand vous sortez de la salle (ou de votre salon), tout le monde vous demande : "Alors, qu'est-ce que tu en as pensé ?" Et là, vous avez deux options : soit vous jouez les cinéphiles éclairés et vous parlez de la "subtilité du rythme" et de "l'immersion dans l'instant présent". Soit vous dites la vérité toute simple : "C'était long. Très long. Mais au moins, j'ai eu le temps de réfléchir à plein de choses." Comme, par exemple, si vous aviez bien fermé la porte à clé avant de commencer.

C'est ça, le charme un peu déroutant de Mektoub, My Love : Intermezzo. Et cette Scène 13 Minutes, elle est gravée dans notre mémoire. Pas forcément pour les raisons que l'on voudrait, mais elle est là. Un petit monument à la lenteur, à la contemplation, et à la puissance des pauses qui durent.

En bref :

On aime Kechiche pour son audace. On apprécie. Mais parfois, juste parfois, on aimerait bien qu'il nous laisse respirer. Ou qu'il nous donne un petit coup de pouce, un signal discret, pour nous dire : "Ok, là, c'est le moment clé. Accrochez-vous." Parce que treize minutes, ça peut aussi être le temps qu'il faut pour réaliser qu'on a oublié de faire les courses.

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