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Les Valeurs De L'imparfait


Les Valeurs De L'imparfait

Alors, imaginez-vous : vous êtes là, tranquillement installé dans un café parisien, le nez dans un croissant décadent, et votre cerveau vous joue des tours. Vous voulez raconter cette histoire incroyable sur votre voyage en Italie l'été dernier, celle où vous avez failli vous faire mordre par un sanglier en cherchant une pizzeria secrète. Et là, catastrophe ! Le mot imparfait vous sort de sa cachette et s’agite comme un canard sur le Canal Saint-Martin. Panique à bord ! Mais respirez, mon cher ami. L'imparfait, c'est pas l'ennemi public numéro un de la grammaire. C'est plutôt le vieux copain raconteur d'histoires, celui qui n'a pas peur de s'étaler un peu.

Pensez-y comme ça : l'imparfait, c'est le temps qui était. Pas qui est, pas qui sera, mais était. C'est le temps des habitudes, des choses qui revenaient sans cesse, comme votre oncle Bernard qui débarquait à l'improviste tous les dimanches avec son opinion sur tout. "Avant, j'allais tous les jours à la boulangerie pour mon pain frais", on dit. Pas "je vais" (ça, c'est maintenant, et ce serait un peu moins charmant avec la même régularité !), et certainement pas "je suis allé" (ça, c'est une action finie, comme une rencontre d'un soir avec un croque-monsieur trop chaud).

Le Roi de la Description

Et puis, l'imparfait, c'est le maître incontesté de la description. C'est lui qui peint le décor de votre histoire. Quand vous dites "Il pleuvait des cordes" ou "La musique jouait doucement", vous n'êtes pas en train de me dire que la pluie a terminé son show ou que la musique a soudainement mué. Non, vous êtes en train de me plonger dans l'ambiance, de me faire ressentir le moment présent… mais dans le passé ! C'est comme si vous me montriez un vieux film, mais avec des couleurs et une bande-son perfectly synchronisée.

C'est aussi le temps des situations en cours, des actions qui se déroulaient sans fin précise. "Pendant que je lisais, le téléphone sonnait". Vous voyez ? Les deux actions se déroulaient en même temps, sans qu'on sache exactement quand ça allait s'arrêter. Imaginez si vous disiez "Pendant que j'ai lu, le téléphone a sonné". Ça fait un peu sec, comme une recette sans les épices, non ?

Alors, la prochaine fois que vous hésiterez entre le passé composé et l'imparfait, pensez à l'imparfait comme à votre cinéaste personnel du passé. Il ne s'agit pas de finir le film, mais de nous faire vivre la scène, de nous faire sentir la température, de nous faire entendre les murmures. Il est là pour nous rappeler que dans le grand film de notre vie, certaines scènes n'avaient pas vraiment de fin, elles étaient, et c'est ça qui les rend si belles à raconter. Alors, racontez vos histoires avec l'imparfait, sans peur du déraillement !

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