Je N'ai Pas Tué Ma Meilleure Amie

Hier soir, j'étais en train de fouiller dans une vieille boîte à souvenirs. Vous savez, ces boîtes remplies de photos jaunies, de lettres poussiéreuses et de quelques babioles improbables qui semblent avoir perdu leur sens avec le temps. Au fond, j'ai retrouvé un petit carnet, la couverture usée, avec cette écriture que je connaissais si bien. C'était celui de Chloé.
On était au lycée, et on adorait écrire des histoires. Des trucs complètement fous, des récits d'espionnage ratés, des contes de fées revisités, et parfois, juste des pensées à voix haute sur nos vies d'ado. Ce jour-là, on avait décidé de faire un roman à quatre mains, chacune écrivant à tour de rôle. Je me souviens encore de la première phrase qu'elle avait écrite : "Elle ouvrit la porte, le cœur battant la chamade, prête à affronter son destin." Un peu dramatique, vous trouvez pas ? On était comme ça, nous deux.
Et puis, en feuilletant ce carnet, je suis tombée sur une page qui m'a fait sursauter. Le titre, écrit en grosses lettres tremblées : "JE N'AI PAS TUÉ MA MEILLEURE AMIE". J'ai d'abord eu un petit choc. Mon cœur s'est emballé un peu, je vous avoue. Est-ce qu'on avait vraiment écrit ça ? Et pourquoi ? J'ai relu la page. Et puis j'ai souri.
Le poids des mots, même dans le jeu.
En fait, ce n'était pas une confession. C'était le début d'une histoire qu'on avait imaginée, une sorte de thriller psychologique un peu... adolescent. On s'imaginait être des détectives, enquêtant sur un meurtre fictif, et le suspect principal, c'était... moi. Ah, la bonne blague ! La réalité n'a jamais été aussi palpitante, vous ne trouvez pas ?
Mais en y repensant, il y a quelque chose de fascinant dans ce titre. "Je n'ai pas tué ma meilleure amie". On peut le prendre sous plusieurs angles, n'est-ce pas ? Au sens littéral, bien sûr, dans notre histoire fictive. Mais aussi, dans un sens plus métaphorique, plus profond.

Parce que, soyons honnêtes, il y a des moments où nos relations, même les plus précieuses, peuvent être mises à rude épreuve. Des malentendus qui s'installent, des silences trop longs, des choix qui nous éloignent... On peut avoir l'impression, sans même le vouloir, de "tuer" une partie de cette relation, de cette complicité. C'est un peu comme si on laissait mourir lentement, par négligence ou par peur. Franchement, qui n'a jamais vécu ça ?
Quand la fiction révèle la vérité.
Ce titre, c'est aussi une sorte de déclaration d'intention. C'est dire : "Malgré tout, je tiens à cette amitié. Je ne vais pas laisser les choses se détériorer au point de... tout gâcher." C'est une façon de se rappeler l'importance de l'autre, de faire attention, de communiquer, de se battre pour ce qui compte.

Chloé et moi, on a eu nos hauts et nos bas, comme toutes les amitiés. Il y a eu des moments où on s'est perdues de vue, des phases où nos vies ont pris des chemins différents. Mais le fil, jamais, il ne s'est vraiment rompu. Peut-être parce qu'au fond, on avait toutes les deux cette conviction : notre amitié méritait d'être préservée. C'est une belle leçon, non ?
Alors oui, on a écrit "Je n'ai pas tué ma meilleure amie" quand on avait 16 ans, avec une plume un peu naïve et beaucoup d'imagination. Mais aujourd'hui, en relisant ça, je me dis que c'était peut-être notre première façon de comprendre l'enjeu de la confiance, de la loyauté, et de la fragilité de l'amour sous toutes ses formes. Et franchement, je suis bien contente de ne pas avoir eu à écrire la suite de cette histoire. Ni dans la fiction, ni dans la vraie vie. Et vous, qu'est-ce que ce titre vous évoque ?
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