Ina Lilah Wa Ina Ilayhi Raji3oun

Ah, l'expression. Vous l'avez déjà entendue, n'est-ce pas ? Ce petit bout de phrase qui flotte dans l'air, un peu comme cette dernière bouchée de gâteau qu'on hésite à manger mais qui nous appelle irrésistiblement. "Ina Lilah Wa Ina Ilayhi Raji3oun". Ça sonne un peu mystérieux, un peu... profond. Comme si on venait de découvrir le code secret pour ouvrir la boîte de Pandore, mais en version plus douce. Littéralement, ça veut dire "Nous appartenons à Allah, et c'est à Lui que nous retournerons". Rien que ça.
Imaginez un peu : vous êtes là, tranquille, en train de vous dire que votre chat est officiellement le plus beau spécimen félin de l'univers (parce que, soyons honnêtes, le vôtre l'est). Et là, catastrophe ! Le chat a décidé que votre canapé préféré était en fait une nouvelle aire de jeux pour ses griffes. Votre première réaction ? Probablement un soupir théâtral, suivi d'un regard accusateur. Mais pour le musulman bien élevé (ou qui essaie de l'être), la réponse pourrait bien être : "Ina Lilah Wa Ina Ilayhi Raji3oun". Oui, même devant une attaque de griffes cosmiques sur du velours.
C'est un peu comme le bouton "reset" de la vie. Quand le monde s'écroule – enfin, quand votre café coule sur votre chemise blanche juste avant un rendez-vous important – cette phrase arrive. C'est comme un murmure divin qui dit : "Calme-toi, mon ami. Tout ça, c'est temporaire. On est juste de passage." Ça vous ramène sur terre, ça vous rappelle que la chemise tachée, ce n'est pas la fin du monde. Au pire, vous inventez une nouvelle mode : le style "café chic".
Et puis, il y a les moments... plus sérieux. Les moments où le chagrin frappe à la porte, pas poliment, mais à grands coups de marteau. La perte d'un être cher. Là, la phrase prend tout son sens, une puissance tranquille qui enveloppe la douleur. Elle ne fait pas disparaître la tristesse – faut pas rêver non plus, on n'est pas dans un film de Disney –, mais elle offre un ancrage. Une conviction que, même dans le vide laissé, il y a une continuité. Que la séparation n'est peut-être qu'une pause dans un voyage plus long.

Pensez-y comme à un rappel amical, donné par le grand patron. "Hé, profite bien de ton passage, fais le max de bonnes choses, mais n'oublie pas d'où tu viens et où tu vas. Et ne t'inquiète pas trop pour le canapé, il est assurément en carton comparé à ce qui t'attend." (Bon, ça c'est moi qui ajoute la partie sur le canapé, mais ça rend les choses plus digestes, non ?).
C'est une manière de dire que notre existence est un prêt. On nous confie une petite parcelle de temps et d'espace, avec des joies, des défis, des chats griffus, et des chemises à laver. Et quand le temps est écoulé, on rend le tout. Simplement. Sans drame. Enfin, autant que possible. Parce que soyons réalistes, rendre des impôts, ça reste une épreuve, même avec cette phrase.

Alors, la prochaine fois que vous croiserez le chemin d'un "Ina Lilah Wa Ina Ilayhi Raji3oun", faites un petit sourire intérieur. C'est le son de la sagesse qui murmure, le rappel que même dans le chaos apparent, il y a un ordre, une destination. Et que, finalement, on est tous dans le même bateau... ou plutôt, sur le même tapis volant, en attendant le grand départ.
Et vous savez quoi ? Un jour, quand vous serez là, prêt à rendre votre dernière miette de gâteau, vous pourrez dire : "Ina Lilah Wa Ina Ilayhi Raji3oun !". Et peut-être que le grand patron vous répondra avec un clin d'œil : "Bon retour ! Et au fait, la chemise blanche, elle était vraiment fichue."
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