I Made A Deal With The Devil

Vous ne devinerez jamais ce qui m'est arrivé. J'ai fait un pacte. Oui, vous avez bien lu. Pas le genre où on vend son âme pour devenir une rockstar ou pour avoir une idée de génie à 3 heures du matin. Non, non. C'était bien plus... domestique. J'ai conclu un accord avec Le Diable.
Bon, d'accord, peut-être que "Le Diable" est un peu fort. Disons plutôt avec une entité surnaturelle avec une affinité pour les bonnes affaires et peut-être une légère tendance à faire des blagues obscures. Tout a commencé par une nuit de désespoir typique, quand la pile de linge sale ressemblait à une montagne insurmontable et que mon frigo criait famine. Vous savez, ces moments où même le café n'a plus le pouvoir de vous redonner le sourire. C'est là que, d'une manière ou d'une autre, j'ai trouvé une vieille carte de visite jaunie, cachée sous un tapis. Dessus, il y avait une adresse et un simple message : "Besoin d'aide ? Appelez. Des tarifs raisonnables."
Je suis tellement du genre à être sceptique, mais la montagne de linge était vraiment très haute. Alors, dans un accès de folie (ou de fatigue extrême), j'ai composé le numéro. Ce qui s'est passé ensuite est un peu flou, comme un rêve étrange. Il y avait une voix grave, un peu rauque, avec un accent difficile à cerner. On aurait dit un vieil acteur de théâtre qui récite son monologue au téléphone. Après quelques négociations étonnamment polies, nous sommes tombés d'accord.
Mon côté rationnel hurlait que c'était absurde, mais mon côté fatigué pensait : "Qu'est-ce que j'ai à perdre, à part mon temps ?" Le marché était simple : en échange d'une petite faveur (dont je reparlerai plus tard), il s'occupait de mes corvées pendant une semaine. Pas de magie spectaculaire, pas de choses diaboliques. Juste le linge propre et plié, le frigo rempli de provisions basiques, et le sol balayé.

Et vous savez quoi ? Ça a marché ! Le lendemain matin, j'ai trouvé ma montagne de linge transformée en une pile ordonnée de vêtements doux et sentant bon. Mon frigo débordait de lait, d'œufs, de quelques légumes et même d'une pizza surgelée (une touche d'humour, je suppose). La cuisine était impeccablement propre. J'étais stupéfait. C'était comme si une petite fée du logis invisible avait fait son travail. Sauf que cette fée avait une voix grave et aimait probablement le soufre.
La Petite Faveur
Maintenant, parlons de la petite faveur. Ce n'était pas mon âme, heureusement. Ce n'était pas non plus un serment de servitude éternelle. Non, la faveur demandée était... de garder un secret. Un secret étonnamment banal. Il m'a demandé de ne pas dire à ma voisine, Madame Dubois, que son chien, Fifi, avait fait une petite "surprise" sur son paillasson la veille au soir. C'est tout. Je devais juste prétendre que je n'avais rien vu. J'ai trouvé ça hilarant. Le grand pacte avec le Malin, et la grande mission est de protéger la dignité de Madame Dubois face aux "exploits" de son caniche.

J'ai rencontré Madame Dubois le lendemain. Elle était ravie de voir son paillasson immaculé, et moi, j'essayais de ne pas rire en pensant à Fifi et à son petit acte de rébellion. J'ai même réussi à ajouter un commentaire du genre : "Il fait si beau, Fifi doit être tellement heureux de pouvoir se promener dehors sans faire de bêtises !" Elle a souri, complètement inconsciente de l'aide divine (ou infernale) qu'elle avait reçue.
Alors voilà. J'ai fait un pacte avec le Diable, et je n'ai pas à me plaindre. Mes corvées sont faites, et j'ai une anecdote incroyablement bizarre à raconter. Cela m'a donné une nouvelle perspective. Peut-être que même les entités les plus sombres ont leurs moments de légèreté, ou qu'elles apprécient simplement un bon arrangement où tout le monde est un peu gagnant. Et pour être honnête, le linge était vraiment très bien plié. Vraiment, très bien plié. Je me demande si je devrais négocier un contrat à long terme. Juste pour les chaussettes. Parce que les chaussettes, c'est toujours compliqué.
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