Fate Strange Fake Scan

Ah, la fameuse lecture de Fate Strange Fake. Un rite de passage, paraît-il. Un moment où votre cerveau se met en mode "pause" et où vos yeux font des bonds incroyables sur la page. Si vous êtes comme moi, cette expérience est un petit voyage initiatique. Un peu comme essayer de monter un meuble IKEA sans notice. On se dit : "Ça va être facile, c'est juste des images et des bulles !" Et puis, on se retrouve face à un panel où trois personnages parlent en même temps, avec des expressions faciales qui défient la gravité.
Prenons le moment où on découvre Enkidu, par exemple. On le voit, on se dit "Okay, intéressant, ça a l'air costaud." Et puis, les dialogues arrivent. C'est là que la magie opère. Ou plutôt, le brouillard. Est-ce qu'il est sérieux ? Est-ce qu'il est sarcastique ? Est-ce qu'il est juste en train de philosopher sur l'utilité des chaussettes ? On oscille entre l'admiration devant le dessin et la perplexité devant les mots. Un peu comme écouter une chanson en langue étrangère qu'on adore, mais dont on ne comprend pas les paroles. C'est beau, c'est intrigant, mais qu'est-ce que ça raconte au juste ?
Et puis, il y a les personnages secondaires. Toujours plus nombreux. Toujours plus complexes. Vous avez à peine retenu le nom de l'un, qu'un autre surgit avec une histoire tellement alambiquée qu'on se demande s'il n'a pas été conçu lors d'une nuit blanche remplie de café et de théories du complot. On admire l'imagination, bien sûr. C'est comme un buffet à volonté de concepts. On picore, on goûte, on se dit : "Wow, ça, c'est original !" Mais au bout d'un moment, on a l'impression d'avoir mangé trop de desserts différents. L'estomac est plein, mais on ne sait plus trop quel goût on avait au début.
Le plus drôle, c'est quand on essaie de discuter de Fate Strange Fake avec quelqu'un qui a tout compris. Ils parlent de "mythologie revisitée", de "conflits ontologiques" et de "lignes temporelles alternatives" avec un naturel déconcertant. Et vous, vous êtes là, à hocher la tête en pensant : "Oui, oui, le gars avec les cheveux bleus a l'air un peu fâché, c'est sûr." C'est un peu comme être invité à une conférence sur la physique quantique alors qu'on vient juste de comprendre comment fonctionne une calculatrice. On applaudit, on sourit, mais on est clairement un peu perdu.
N'oublions pas les scènes d'action. Parfois, c'est d'une fluidité époustouflante. On voit les coups partir, on sent la puissance. Et parfois, on a l'impression de regarder un carambolage de super-héros dont le script a été écrit par un chat qui marche sur un clavier. Des pouvoirs qui apparaissent comme par magie, des adversaires qui changent de forme sans raison apparente. C'est du grand spectacle, mais on se demande parfois si le dessinateur n'a pas juste eu une idée de génie à la dernière minute. Ou s'il n'a pas oublié de nous expliquer certaines choses en cours de route.

Ma théorie personnelle ? Fate Strange Fake, c'est un peu comme un puzzle dont il manque quelques pièces. Et les pièces manquantes sont peut-être en train d'être dessinées pendant que vous lisez. On est des pionniers de la lecture incertaine. On avance, on spécule, on se fait nos propres théories. Et franchement, n'est-ce pas ça, aussi, le charme ? Ce sentiment de participer à quelque chose de grandiose, même si on est un peu dans le flou artistique ?
"Ah, Fate Strange Fake... On dirait un rêve très intense. On se réveille en se disant : 'Qu'est-ce qui vient de se passer ?' Mais on est content de l'avoir vécu."
C'est peut-être ça, le secret. Ne pas chercher à tout comprendre du premier coup. Apprécier le voyage visuel, le mystère, et se dire qu'au fond, on a tous le droit d'être un peu perdus devant une œuvre aussi ambitieuse. Et puis, soyons honnêtes, ça fait de bonnes conversations. "Tu as vu le truc avec Jack the Ripper ? Non ? Ah, attends..." C'est ça, la vraie aventure.
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