Dessin Le Corbeau Et Le Renard Facile

Ah, Le Corbeau et le Renard ! La fable classique qui nous enseigne à nous méfier des flatteries. Mais soyons honnêtes un instant. Qui n'a jamais rêvé, au moins une fois, d'être le corbeau ? Moi, certainement.
Imaginez la scène. Vous êtes perché là-haut, majestueux, avec un beau morceau de fromage qui sent divinement bon dans votre bec. Un trésor ! Vous vous sentez un peu comme un roi. Et puis, apparaît Monsieur le Renard. Il vous regarde avec ses grands yeux brillants. Il commence son petit discours.
"Oh, cher Corbeau," dit-il. "Quel plumage magnifique tu as ! Noir comme la nuit, aussi doux que la soie. Jamais je n'ai vu un oiseau aussi élégant."
Et là, avouez-le, une petite part de vous se dit : "Il a raison, ce Renard ! Je suis sacrément beau, quand même."
Le piège de la flatterie
Le problème, c'est que notre cher Renard n'est pas là pour admirer votre garde-robe aérienne. Il veut ce fromage. Et il sait que la meilleure façon d'obtenir ce qu'il veut, c'est de vous faire dire "Bonjour !" avec une jolie chanson. Un simple "clic" de bec et hop, le trésor dégringole.

Je trouve ça un peu injuste, vous ne trouvez pas ? Le Corbeau a bien le droit de se sentir beau. C'est comme si quelqu'un vous complimentait sincèrement sur votre nouvelle coupe de cheveux, et que tout à coup, on vous demandait de donner votre portefeuille. Pas le même niveau, certes, mais l'idée est là. Une petite reconnaissance méritée, et vous vous retrouvez à poil (ou sans fromage).
Et si on inversait les rôles ?
Alors, mon opinion un peu... disons, "originale" ? Et si le Corbeau, au lieu de chanter, demandait au Renard : "Et vous, cher Renard, votre queue est vraiment splendide aujourd'hui. Elle ne serait pas un peu plus épaisse que d'habitude ?" Ou encore : "Ce pelage roux, il est si bien entretenu ! Avez-vous un secret à partager ? Une crème spéciale ?"

Imaginez la tête du Renard. Il serait tellement pris au dépourvu ! Il n'a pas l'habitude qu'on s'intéresse à ses qualités à lui. Il est habitué à être le manipulateur, pas le manipulé. Le Corbeau, armé de sa sagesse (et peut-être d'un peu de malice), pourrait alors savourer son fromage en paix, tout en observant le Renard, perplexe, faire demi-tour.
C'est une vision un peu naïve, je sais. Mais pourquoi ne pas imaginer un monde où la flatterie, utilisée avec justesse, pourrait aussi servir à la défense, et pas seulement à l'attaque ? Un monde où le Corbeau n'est pas juste une victime facile, mais un stratège en herbe.
Peut-être que La Fontaine voulait nous apprendre qu'il faut être prudent. Et c'est très bien. Mais moi, je préfère penser que le Corbeau, s'il est un peu malin, peut aussi se retourner et créer sa propre fable. Une fable où la beauté est reconnue, et où le fromage reste, malgré tout, dans le bec de son propriétaire légitime. Après tout, qui n'aime pas un petit compliment sincère ? Et qui n'aime pas son fromage ? La vie est pleine de ces petits plaisirs, et parfois, il suffit juste d'un peu d'imagination pour les savourer plus longtemps.
Gallery
