Acteur L'été Ou Je Suis Devenu Jolie

Ah, l'été de mes 15 ans ! Vous savez, cette période où la peau commence à bronzer un peu plus que prévu (merci les coups de soleil qui font "ouille" mais qui nous donnent un air de surfeur, même si on habite à 300km de la mer). C'était l'été où j'ai eu l'impression de devenir… jolie. Oui, je sais, ça sonne un peu cliché, comme une chanson d'ado qu'on écoute en boucle en se regardant dans le miroir.
Avant ça, j'étais un peu… comment dire… un grand échalas. Les cheveux qui poussaient dans tous les sens, un style vestimentaire qui oscillait entre "je me suis habillé dans le noir" et "c'est peut-être de la poussière, c'est peut-être une tache de peinture, on verra plus tard". Bref, le genre de personne que l'on remarque… mais pas forcément pour les bonnes raisons.
Et puis, cet été-là est arrivé. Sans crier gare, sans annonce officielle avec trompettes et confettis. Un jour, je me suis regardée dans le miroir, et j'ai vu… quelqu'un de différent. C'était comme si la nature avait décidé de faire un petit coup de baguette magique pendant mon sommeil.
Genre, ma peau qui avant ressemblait à une carte routière de défauts a commencé à avoir ce petit glow. Pas le glow des gens qui font du yoga à 6h du matin, non. Plutôt le glow de ceux qui ont passé suffisamment de temps au soleil pour que ça se voie, même s'ils ont juste traîné sur un banc public.
Et puis, il y a eu les cheveux. Ils ont décidé, par pure gentillesse, d'arrêter de ressembler à un nid d'oiseau abandonné. Ils sont devenus… souples. Je pouvais les toucher sans avoir l'impression de me faire une permanente involontaire. C'était le début d'une grande histoire d'amour entre moi et ma brosse à cheveux. Une histoire faite de "peut-être que ça va faire un peu plus de volume" et de "oh, ça sent bon !".

Le truc, c'est que ce n'était pas juste une transformation physique. C'était comme si mon cerveau avait aussi subi un petit lifting. Je me sentais moins… invisible. Les gens me souriaient un peu plus. Les garçons (oui, les garçons !) commençaient à me regarder autrement. Je ne dis pas qu'ils faisaient la queue pour m'inviter à danser, mais disons que je n'étais plus la fille qui se cachait derrière le radiateur lors des fêtes.
C'était un peu comme quand on apprend à faire du vélo. Au début, on a peur, on titube, on pense qu'on va finir la tête dans le guidon. Et puis, d'un coup, on pédale, on sent le vent dans les cheveux (enfin, maintenant qu'ils étaient plus jolis !), et on se dit : "Mais en fait, c'est facile !".

Cet été-là, j'ai découvert que "jolie" ne voulait pas dire "parfaite". Ça voulait dire avoir ce petit quelque chose qui fait qu'on se sent bien dans sa peau. C'est un peu comme trouver sa paire de chaussures préférée : ça ne les rend pas magiques, mais ça vous donne une confiance en vous nouvelle.
Alors oui, l'été où je suis devenue jolie, ce n'était pas avec un grand coup de théâtre. C'était plutôt une petite révolution intérieure, une prise de conscience douce. Et honnêtement, c'est le meilleur type de révolution. Un peu comme quand on réussit à faire un gâteau qui ne ressemble pas à une brique, juste parce qu'on a suivi la recette cette fois. Un petit bonheur simple, mais qui change tout.
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