à La Tv Ce Soir Toutes Les Chaines

Ah, la soirée télé. Ce moment sacré où l'on s'affale sur le canapé, télécommande en main, prêt à plonger dans un univers de divertissement. Mais voilà, le dilemme commence dès l'allumage. "À la télé ce soir, toutes les chaînes !" Cette phrase, aussi familière qu'une vieille paire de chaussons, cache souvent une vérité un peu moins glamour : une cacophonie d'options qui nous paralyse plus qu'elle ne nous enchante.
On zappe. On zappe frénétiquement. D'abord, la chaîne d'information en continu. Toujours la même ambiance, les mêmes visages, les mêmes nouvelles qui nous donnent envie de retourner nous coucher. Puis, le sport. Si ce n'est pas le football, c'est le rugby, ou pire, un sport dont on n'a jamais entendu parler. On ne sait même pas qui joue, ni pourquoi c'est important. La seule chose qu'on retient, c'est la couleur des maillots.
Ensuite, les chaînes de fiction. On tombe sur une série dont on n'a jamais vu un seul épisode. Les personnages sont déjà en pleine crise existentielle. On essaie de comprendre qui est qui, mais on est déjà perdu. Il y a une femme en larmes, un homme qui crie, et une musique dramatique qui vous donne le cafard. On zappe.
Et que dire des chaînes dites "thématiques" ? Le canal "Cuisine pour les Gourmets Intransigeants". On y voit des chefs qui jonglent avec des truffes et des homards, et nous, on a juste une envie : ouvrir une boîte de conserve. Ou alors, "Histoire Secrète des Objets du Quotidien". Passionnant, sans doute, mais là, tout de suite, notre cerveau réclame un peu moins d'érudition.
Il y a aussi les chaînes dédiées aux enfants. Même quand on n'a pas d'enfants. Ces dessins animés aux couleurs criardes et aux musiques entêtantes qui vous envahissent l'esprit comme une invasion de petits monstres joyeux. On finit par fredonner des chansons qu'on déteste, juste parce qu'elles sont passées en boucle pendant dix minutes.

Parfois, on a l'impression que le zapping est devenu un sport olympique. Le recordman, c'est celui qui aura le moins regardé chaque chaîne, mais qui aura vu le plus de publicités.
Et la pub ! Ah, la pub. Elle s'invite partout, à la fin d'une scène cruciale, au milieu d'un documentaire passionnant, juste quand on commence à s'attacher à un personnage. Et elle dure, elle dure... On se dit qu'on pourrait presque regarder un épisode entier d'une nouvelle série pendant ce temps-là.
Notre "malédiction" télévisuelle, c'est cette abondance qui nous rend incapables de choisir. On rêve de trouver LA pépite, LE film qui va nous transporter, LE documentaire qui va nous éclairer. Mais la réalité, c'est souvent un marécage d'émissions plus ou moins intéressantes, noyées sous un déluge de répétitions et de promotions.

Et puis, il y a ce moment magique, rare, précieux. On tombe sur quelque chose. C'est peut-être un vieux film qu'on aime, un concert inattendu, ou même une rediffusion d'une émission qui nous rappelle notre jeunesse. On se dit : "Ah ! Ça, c'est bien !". Et on reste scotché, sans plus jamais toucher la télécommande, de peur de casser la magie.
Mais cette parenthèse enchantée est souvent courte. Bientôt, le générique de fin, ou pire, une nouvelle publicité pour un aspirateur miracle. Et nous voilà repartis dans notre ballet incessant de zapping. Alors oui, à la télé ce soir, toutes les chaînes. Et souvent, aucune ne semble vraiment vouloir de nous, jusqu'à ce qu'on se résigne à regarder ce qu'on a déjà vu, ou à se perdre dans les profondeurs abyssales de la TNT.
Une opinion impopulaire ?
Peut-être. Mais avouez, que ça vous arrive aussi. Ce petit soupir intérieur quand vous réalisez que la soirée télé, la vraie, celle qu'on attend, est parfois plus difficile à trouver que le Saint Graal. Et que la télécommande, sous ses airs innocents, peut se transformer en véritable instrument de torture télévisuelle. Heureusement, il reste internet, mais ça, c'est une autre histoire...
Gallery
